Nous quittons Potosi et son altitude de 4000m pour Sucre, plus belle ville de Bolivie et coeur symbolique de la nation, perchee a 2700 m et au climat plus chaud. Pour nous ce sera une etape douceur de vivre entre visites, repos et cuisine locale sur les marches.
Ville où a été proclamée l'indépendance du pays en 1825, Sucre demeure la capitale juridique constitutionnelle du pays. Elle est inscrite au Patrimoine mondial de l UNESCO ce qui lui a permis de preserver sa belle architecture coloniale.
Visite du "museo de la libertad" qui retrace l´histoire de l´independance bolivienne face aux espagnols avec ses heros dont Simon Bolivar, le plus grand des liberateur avec le General Jose De San Martin de l´Anerique du Sud. Venezuelien d´origine, Bolivar a pris la tete de nombreux mouvements independantistes qui menerent a la liberation de la Colombie, du Venezuela, de l´Equateur, du Perou et de la Bolivie.
Simon Bolivar...el Liberator
Dans ce musee nous visitons une salle consacree aux portraits des differents presidents du pays , qui furent tres nombreux puisque chaque president restait en fonction environ un an. Nous cherchons donc le portrait d´Evo Morales, le president actuel et surtout premier president indien elu a plus de 53%. Et la, grosse surprise, il est "cache" derriere une vitrine.... Antoine demande des explications au guide qui nous dit avec un sourire malin que c´est provisoire, la salle etant en cours d´amenagement...Sucre est clairement anti Morales, en temoigne le grand nombre de tags contre la nouvelle constitution, ameliorant le statut des Indiens et leur permettant de partager le pouvoir economique et politique.
L'Hotel de Ville
Le dimanche, c´est week end et nous partons a la campagne, a Tarabucco, petit village situe a 60 km de Sucre pour decouvrir son marche dominical qui attire touristes et villageois des alentours. Nous sommes admiratifs devant les tenues traditionnelles des locaux.
De nombreuses indiennes de Bolivie portent un costume qui leur fut impose au XVIIIe siecle par le roi d´Espagne tandis que la traditionnelle raie au milieu decoule d un decret du vice-roi de Toledo!
Artisanat local et vente de coca et dynamite se cotoient
L´element le plus frappant du costume aymara est le chapeau melon vert fonce ou noir qui est juste pose en equilibre sur la tete des cholitas! Les femmes se font generalement 2 longues tresses, la jupe plissee est portee sur de multiples jupons. Elle portent aussi sur le dos un rectangle de tissu orne de rayures horizontales de couleur qui sert de sac fourre-tout dans lequel elles transportent des aliments, de la coca ou leur bebe. En general elles ne souhaitent pas etre prises en photos, et on respecte ce choix, d´ou le peu de photos prises de loin.
Autour de Tarabuco, la campagne est superbe et ponctuee de nombreuses parcelles cultivees. En Bolivie, dans les villages reculees, la vie semble ne pas avoir changee depuis des siecles, les paysans travaillent dans les champs a la main ou avec des animaux, pas de telephone, pas d´electricite, les habits sont ceux de l´époque des conquistadors...incroyable.
Pause vitamine pour Mathilde avec jus d´oranges pressees
Le 23 mars au soir, nous assistons a Sucre a un defile militaire particulier, dans les rues des militaires en tenue defilent avec au bout de leurs fusils un fanion illumine, la vue de ces armes ainsi que le petit desordre du defile, qui n a pas vraiment de rythme militaire strict (ils se marrent tous comme s´ils tournaient en derision la puissance militaire de leur pays) renforce le sentiment bon enfant de ce defile. Un passant nous explique, avec beaucoup de patience et en parlant lentement pour bien que nous comprenions, les raisons de ce defile : la commemoration de la perte de la facade maritime de la Bolivie face au Chili a la suite de la guerre du Pacifique entre 1879 et 1884. Un siecle apres son independance la Bolivie a perdu plus de 50% de son territoire, grignote par ses voisins peruviens, chiliens, bresiliens et paraguyens.
Pour nous le periple continue, le barometre-moral est au beau fixe, comment ne le serait-il pas tant ce que nous vivons et decouvrons chaque jour est enrichissant et tellement different de la vie en Europe.