Nous laissons les sommets de la Cordillera Blanca derriere nous et poursuivons notre remontee du Perou, avec comme objectif de franchir la frontiere Perou-Equateur a j-15 du retour en France. De Huaraz, les postes frontieres sont a plus de 2 jours de bus, une etape s'impose donc...ce sera la ville de Trujillo sur la cote Pacifique, blottie entre l'ocean et le desert.
La ville possede quelques tresors architecturaux, de beaux edifices coloniaux flamboyants ainsi que de nombreuses eglises, pour autant on trouve que ca manque un peu de chaleur et de vie, contrairement a Cuzco ou Arequipa beaucoup plus animees.

Les facades pastel et les superbes portails en fer forge sont un signe distinctif de la ville. La Plaza de Armas est dominee par la cathedrale, comme c'est souvent le cas dans les grandes villes sud-americaines.



Trujillo est surtout reputee pour sa proximite avec de nombreux sites pre-incas et de grands vestiges temoins de civilisations tres anciennes, dont certaines remontent a plus de 5000 ans...les plus anciennes civilisations d'Amerique Latine.
Les cultures Mochica et Chimu ont laisse les vestiges les plus importants autour de Trujillo. Les sites sont facilement accessibles en bus et en taxi. Pour une fois on a choisit le circuit organise qui simplifie la visite, avec un guide.

Le Temple du Soleil est la plus grande structure pre-colombienne du pays. La pluie a beaucoup endommage l'edifice, mais ce n'est rien a cote d'El Nino (l'enfant) qui a joue un role devastateur sur la quasi-totalite des vestiges archeologiques.
La pyramide, faite de briques d'abode, en raison de l'erosion, ressemble aujourd'hui d'avantage a un gros tas de sable.

Des tombes furent decouvertes a l'interieur de la pyramide, on pense qu'il devait s'agir d'un site ceremoniel. Au pied de la pyramide, les ruines d'une ville datant du 5ieme siecle...il faut un peu d'imagination pour se representer une ville.

La chaleur est ecrasante, en une journee nous sommes passes de la fraicheur des hautes Andes au soleil brulant du desert cotier. Dans l'apres-midi, visite du site de Chan Chan, la plus grande ville pre-colombienne des Ameriques, qui fut construite a l'apogee de l'empire Chimu, entre 800 et 1470.



La cite renfermait beaucoup d'or, et le pillage commenca des l'arrivee des Espagnols. En quelques decennies il ne restait quasiment plus rien. Il faut vraiment une bonne dose d'imagination pour se representer la cite d'autrefois! 
En fin de journee petit detour par Huanchaco, petit village de pecheurs devenue une etape tres prisee des backpakers et surfeurs du monde entier. Les pecheurs locaux utilisent toujours des "engins" mi-barque mi-planche de surf, qui en tous cas ont l'air bien casse-gueule, et qu'ils chevauchent avec beaucoup de dexterite.








Le soir, retour a Trujillo pour faire les sacs a l'hotel car demain depart pour Chachapoyas, encore plus au nord...sur la route de l'Equateur.
Normalement, le trajet entre trujillo et Chachapoyas ne prend que 13 heures en bus de nuit pour environ 400 km. En Amerique du Sud, si on sait quand on part, en revanche l'heure d'arrivee peut s'averer tres flexible, voire franchement hasardeuse et imprevisible. A 5h du matin, alors qu'il reste une heure et demie de route, le bus s'arrete en plein virage et en pleine montagne, dehors il fait noir et on ne voit rien. A 6h30 le jour se leve et on decouvre une file indienne de bus et camions coinces sur la route.
Un peu plus haut, il y a eu un glissement de terrain tres important et la route est enssevelie. Pas grand chose a faire si ce n'est prendre son mal en patience. On part jeter un oeil et effectivement la route est completement obstruee. Rien d'etonnant quand on voit la typologie des terrains, associee a de fortes pentes et a une humidite constante dans cette partie du Perou. L'equilibre des sols est tres precaire et menace de rompre a tout instant, et les peruviens vivent avec cette menace permanente.
Apres 8 heures d'attente, nous reprenons la route et arrivons a Chachapoyas en milieu d'apres-midi. La ville entouree de forets de nuages de haute altitude et desservie par des pistes tres mauvaises, fut autrefois un carrefour important des routes commerciales reliant la jungle amazonienne a la cote pacifique. 
La ville ne manque pas de charme et de caractere, mais cote ambiance c'est "mort de chez mort"! tres peu de gringos, il faut dire que la saison touristique ne demarre qu'en juin.Les alentours de Chachapoyas abritent, caches dans les forets de nuages, des ruines archeologiques assez fascinantes et pourtant les moins connues du pays. Kuelpa est le plus connu de ces sites.
On partage un taxi avec deux francaises en vadrouille en Amerique Latine pour rejoindre Kuelpa, situe a moins de 40 km de Chachapoyas mais a quand meme 3 heures de voitures...et on comprend pourquoi!!...Nous aimons ce pays parce que chaque jour reserve son lot de surprises, le Perou c'est l'aventure a tout bout de champ, des routes de montagnes toutes aussi tortueuses et impraticables les unes que les autres qui s'ecroulent sous nos pieds, des chauffeurs qui se prennent pour Sebastien Loeb en revant au rallye de Monte-Carlo, et des vehicules dont on prie pour qu'il reste encore un peu de garniture sur les plaquettes des freins...frissons garantis! 


L'entree de la citadelle de Kuelap
Nous quittons Chachapoyas pour rejoindre San Ignacio, petite ville qui ne presente pas d'interet si ce n'est d'etre situee a proximite de la frontiere de l'Equateur. La encore on use de tous les transports imaginables, bus, taxi, tuk-tuk, puis mini-bus.
...et toujours avec le sourire!
On passe donc une nuit a San Ignacio dans un petit hotel pas top, mais il s'agit d'y passer une nuit...une seule!!! Le lendemain matin on chope un taxi que l'on partage avec 3 autres peruviens (5 voir 6 personnes a bord d'une voiture c'est le minimum syndical pour les taxis peruviens...rentabilite maxi!!) et une poule (non pas Mathilde, une vraie poule mais qui n'a pas fait cot-cot car c'est une trouillarde!).Au bout de 3 heures de routes on arrive a La Balza, le point de passage entre l'Equateur et le Perou le plus isole. On se declare a la police de l'immigration Peruvienne et on passe tous les deux, seuls, le pont qui mene en l'Equateur. On a un peu l'impression d'etre deux clandestins.

Adios Perou....

...Bienvenidos en Equateur!

On hallucine completement, lors de nos multiples passages de frontieres, les infrastructures et les moyens etaient assez imposants, ici la guitoune des douaniers fait 9 metres carres et les mecs sont vraiment a la fraiche!! Cote transport on se demande comment on va rejoindre Vilcabamba, un petit village assez repute pour son charme et sa tranquilite ou nous voulons nous poser et souffler quelques jours.
Dernier passage de frontiere, avec beaucoup d'emotion, dernier pays, dernier coup de tampon sur nos passeports deja bien remplis. On realise alors le chemin parcouru depuis plus de 8 mois et les epreuves que nous avons vecues et parfois douloureuseument affrontees tous les deux. Mais l'aventure n'est pas finie, il nous reste environ 15 jours et nous comptons bien en profiter encore...alors vamos!

Pendant qu'Antoine fait l'inventaire (hyper rapide) des moyens de tranports a disposition dans ce bled...c'est a dire queudalle, Mathilde change les dernieres soles peruviennes contre des dollars americains, la monnaie en vigueur en Equateur. Il y a bien un bus qui relie Zumba, mais il faut attendre 3 heures sur place. Sous ce soleil de plomb on n'a pas franchement envie d'attendre.
Une fois encore c'est la magie du direct, un camion s'arrete devant le bureau des douaniers et un passager monte a bord. On se dirige vers le chauffeur qui nous fait signe de monter avec un grand sourire, pour seuleument 3,50 US$. Si les equatoriens ont la reputation d'etre assez machos, ils n'en demeurent pas moins galants, le conducteur propose en effet a Mathilde de monter dans la cabine a cote de lui....pour les mecs, c'est a l'arriere dans la benne au milieu des outils et des brouettes !!
C'est parti pour 1h30 de pistes montagneuses dans des payages superbes, des montagnes vertes a perte de vue, couvertes d'une epaisse vegetation tropicale. Le changement avec le Perou est saisissant.A l'arriere dans la benne, on se cramponne, les pentes sont raides et les obstacles secouent le camion dans tous les sens. A l'interieur Mathilde tchatche avec le chauffeur...tranquille le crocodile, peinard le lezard, a l'aise la punaise.
Les glissements de terrains, assez recents, jalonnent la piste, ca fait un peu peur a voir. Nous avos eu beaucoup de chance jusqu'a present, alors on croise les doigts. N'empeche que c'est vraiment limite...et qu'on aimerait ne pas etre la.