Nous quittons le Parc Lauca et l´Altiplano nord-chilien avec un peu de regret. Nous avons adore ces paysages hors du commun et l´hospitalite des quelques habitants de cette region tres reculee. Mais le periple continue et la frontiere du Perou n´est plus tres loin.
De Putre on rejoint Arica, une grosse station balneaire chilienne plantee entre l´ocean pacifique et les montagnes arides. Pas tres sexy tout ca et pas question d´y planter la tente, le Perou n´est qu´a quelques kilometres...on fonce. A Arica on chope un taxi que l´on partage avec trois chiliennes et qui nous depose de l´autre cote de la frontiere peruvienne. Avant dernier passage de frontiere et avant dernier coup de tampon sur nos passeports deja bien remplis. Ensuite, bus de nuit jusqu´a Arequipa...WELCOME in Perou...le pays des Incas !!
Nous arrivons a 1h du mat´la tronche un peu enfarinee. A peine sortis du bus, des chauffeurs de taxi un peu oppressants nous proposent leurs services et nous expliquent que l´hotel ou nous souhaitons aller est complet...vieille ruse de rabatteur...mais nous depuis le temps faut pas nous raconter la messe!!
Une fois de plus c´est la magie des arrivees de nuit dans des lieux completements inconnus. Le lendemain matin nous decouvrons le visage de cette nouvelle ville.
Arequipa est la deuxieme plus grande ville du Perou, apres Lima la capitale du pays. Situee a 2350 metres d´altitude la ville est dominee par le volcan Misti qui culmine a 5822 metres. Arequipa a un passe assez charge en tragedies, secouee par plusieurs eruptions volcaniques. Le Chili, la Bolivie et maintenant le Perou, nous n´imaginions pas a ce point autant de zones volcaniques a forte activite.
De beaux edifices de l´epoque coloniale batis en roche volcanique et parfois blanchis a la chaux d´ou le surnom d'Arequipa de "ville blanche".
La Plaza de Armas dominee par l´imposante cathedrale construite en roche volcanique. On passe la journee entiere a se balader dans la ville, avec les collectivos (micro-bus) c´est hyper simple, pas cher, et c´est un bon moyen de plonger dans le mode de vie des Arequipanos.
Le coeur de la ville bat a plein regime, particulierement en fin d´apres-midi quand il fait moins chaud, les gens se retrouvent sur la plaza, et dans les rues c´est l´effervescence. Des etudiants, des marchands ambulants, des hommes d´affaires se melangent en donnant a la ville un caractere moderne et en meme temps tres singulier. C´est le visage du Perou moderne qui constraste avec le reste du pays.
Apres 2 nuits a Arequipa, les syndromes de la bougeotte reapparaissent, et les canyons spectaculaires des environs, les plus profonds du monde, offrent de nombreuses possibilites de trekking. Beaucoup d´agences proposent des excursions dans les canyons de 2 a 3 jours. C´est cher, un peu rapide, et trop de touristes...bref on decide de s´organiser nous meme et de partir seuls par nos propres moyens...et en realite c´est hyper simple!
Collectivos jusqu´a la gare routiere, puis bus jusqu´a Chivay, porte d´entree du Canyon Del Colca. On traverse les hauts plateaux de l´altiplano a plus de 4600 m d´altitude et leurs paysages et faune maintenant bien familiers, bofedales (marecages), lamas et alpagas.


Premiere nuit a Chivay avant de rejoindre le village de Cabanaconde, situe plus bas dans le canyon. Irresistiblement attires par le marche aux fruits, nous ne manquerons pas de devaliser les petits vendeurs de grenadas. 


Sur la route de Cabanaconde, nous demandons au chauffeur du bus de nous arreter a la Cruz Del Condor, un des rares endroits (un peu touristique) ou l´on peut admirer le vol des majestueux condors des Andes. 
Les condors jouent avec les courants ascendants du canyon et ne battent quasiment pas des ailes. Ils passent vraiment tres pres de nous. Ils peuvent peser jusqu´a 10 kilos et mesurer 3 metres d´envergure. Considere comme le plus grand oiseau volant au monde, il est protege depuis les annees 70. 

Contrairement aux condors, Mathilde ne pese pas 10 kilos, et bras ecartes ne mesure guere qu'un metre cinquante d´envergure...le decollage s´annonce delicat!!Les Andes peruviennes a plus de 4500 m
Les cultures en terrasse, heritees des Incas
De Cabanaconde, il est possible de descendre tout au fond du canyon au lieu-dit "l´oasis". La pente archi raide du chemin plante le decor...qu´importe on plonge!

Le Canyon Del Colca est considere, avec ses 3191 metres, comme le plus profond du monde, ce qui n´est pas tout a fait vrai. Le Canyon Del Cotahuasi situe un peu plus loin s´etire a 3345 metres en-dessous des sommets enneiges des Andes. Ces deux Canyons sont toutefois deux fois plus profonds que le Grand Canyon du Colorado.
Apres 2h30 de descente, nous atteignons l´oasis, vue d´en haut ca parait plutot sympa, une piscine, des palmiers, quelques bungalows.
Vue de l´interieur c´est moins glamour, meme au Nepal sur le tour des Annapurnas on n´a jamais eu une case aussi pourrie!....Ah si! sauf dans la jungle du nord de la Thailande, mais bon c´etait la jungle.
Bref une petite chambre au design tres epure et a la deco minimaliste, comme on les aime! Le soir les douleurs aux genous se reveillent...on a vraiment morfle dans la descente. Dans quelques heures c´est deja la remontee vers Cabanaconde
La premiere personne qui nous parle de "vacances" a notre retour...aarrrgghh!!!!!!!

On attaque assez tot le matin afin d´eviter le soleil, et puis on souhaite prendre le bus de 11 heures a Cabanaconde. La remontee est beaucoup moins penible et douloureuse que la descente...on l´abat en 2h50 (contre 2h30 pour la descente), comme quoi la trentaine bien sonnee on a encore du jus et des ressources !!
Petit bemol, les mollets ont severement soufferts, et la les 4 jours suivants, ce n´est plus de la demarche de trentenaires, mais bien celle de deux petits vieux grimacants a chaque pas.


Le bus de 11 heures est plein, on est bien degoutes tant notre timing etait bon, on prendra celui de 14 heures, plein a craquer, comme seuls les bus peruviens peuvent l'etre, pour Arequipa. En attendant Mathilde trouve encore les ressources, guide a la main, d´anticiper un minimum la suite du voyage.
A suivre (Cuzco et la Vallee Sacree des Incas)