2 avr. 2009

Chili - Nord Altiplano et Parc Lauca

Depuis La Paz on peut directement gagner le Perou, mais il nous restait encore un coin du Chili a explorer: le Nord-altiplano et le Parc National Lauca, l´un des plus beaux du Chili. Nous avions decouvert le Sud-altiplano et ses paysages desertiques, cap maintenant sur les hauts plateaux du nord des Andes et le petit village de Putre, de l´autre cote de la frontiere. On emprunte la celebre Chile 11 qui relie La Paz a Arica sur la cote-est chilienne.
La route traverse le Parc National Sajama sur le Nord-altiplano bolivien a plus de 4000 m d´altitude. Au loin se dresse le volcan Sajama, point culminant de la Bolivie a plus de 6300 metres.

Poses sur la frontiere chilienne, le volcan Parinacota (6342 m) et le Pomerape (6282 m) au coeur du Parc National Lauca...c'est la qu'on veut aller!!

Le Parinacota depuis le poste frontiere

Un bien curieux visiteur a la fenetre du bus
Le bus nous lache a 5 km du petit village de Putre a 3600 m d'altitude. Objectif, rejoindre en stop le village, il n´y a pas de chemin qui descend au village et la route est trop dangeureuse a pied.
En attendant le passage d´une voiture ou d´un camion, Mathilde en profite pour changer des monnaies boliviennes avec une commercante chilienne qui vend au Chili de l´artisanat made in Bolivia!

Au bout de 30 min un camion s´arrete. On balance les sacs dans la benne et 10 minutes plus tard nous arrivons a Putre, petit village des Andes chiliennes de 1900 habitants.

Des petites maisons rudimentaires, une jolie place, quelques epiceries et hotels. Tout cela s´accorde bien et donne au village un caractere hors du temps.

Putre se situe a l´exterieur du Parc Lauca, et bien que la route La Paz-Arica le traverse, le seul moyen de s´y rendre est de faire du stop ou de choper le bus qui relie Arica a La Paz.
Le lendemain matin on se fait prendre en stop par un francais tres sympa, Patrick, passionne d´ornithologie et en vacances au Chili. En temps normal il faut 30 minutes pour rejoindre le hameau de Chucuyo situe a l´entree du parc, nous mettrons plus de 3 heures a parcourir 35 km, tant les zones riches en faune ne manquent pas. Parmi les 60 especes d´oiseaux presentes a Lauca, nombre d´entre elles sont tres faciles a observer le long de la route.
Vigognes a plus de 4000 m d´altitude

Encore une fois, on se retrouve tres rapidement a de hautes altitudes, plus de 4000!

Patrick nous fait decouvrir sa passion pour les oiseaux, la facon de les approcher et de les observer, mais aussi de les reconnaitre. Certaines especes endemiques ne s´observent que dans le nord des Andes. On se prend facilement au jeu et on trouve cela pasionant.

Le maestro...et l´eleve en pleine seance d´observation...chuuuuttt!

Le climat desertique et sec du Lauca et les differences de temperatures qui y sevissent sont propices a l´apparition de mini tornades.

Les volcans Parinacota et Pomerape, gardiens du Lauca. L´ensemble des 2 volcans porte le nom de Payachatas qui en Aymara signifie "les deux garcons".

Parmi les mamiferes les plus presents au Lauca, les vigognes et les alpagas, evoluant a plus de 4000 m. Leurs deux autres cousins camelides, le lama et le guanaco vivent plus bas.

Oiseau difficile a observer, le Pic des Andes, qui niche dans les rochers.



Nous quittons la route et poursuivons sur de la piste pour s´enfoncer plus a l´interieur du parc jusqu´au pittoresque petit village de Parinacota, situe au pied du volcan eponyme, a 4400 m.

Parinacota ("la ou vivent les flamants roses" en Aymara) est un petit hameau d´une cinquantaine de maisons en partie abandonnees ou vivent encore 4 familles. Au milieu du village, la petite eglise blanchie a la chaux. Son origine remonte au XVII siecle.

Mini tornade au-dessus du village
La seule epicerie du village ouverte tous les jours de 9h a 17h! Patrick nous quittera pour continuer sa route d´observation des oiseaux, quant a nous, nous poserons les sacs 2 jours dans ce petit coin recule de l´altiplano. Pas de touristes, juste une petite auberge avec quelques chambres...nous sommes les seuls gringos, quel plaisir!

Le cone volcanique parfait du Parinacota

Petite rando en debut d´apres midi aux alentours du village histoire de se deverouiller les jambes. Le decor est grandiose, pas un bruit, ciel bleu, neiges immaculees au loin...et personne a l´horizon.

Petite lecon d´osteopathie...lama ou alpaga? a ces altitudes plutot alpaga

Alpagas au pied du Parinacota



Les alpagas se nourrissent d´herbes rases qui poussent dans les bofedales, des zones humides marecageuses.

un bout de rocher ou il fait bon se dorer la pillule...peinard le lezard!

Des kilometres de chemins a l´horizon. Quelle sensation de marcher au milieu de cette faune dans cette immensite. Toutefois l´altitude se fait ressentir. Aucun signe du Mal Aigu des Montagnes mais on s´essouffle tres vite. En France, sous nos latitudes, les neiges perdurent a partir de 3000 m, sur l´altiplano la limite est a plus de 5000 m.
Les bofedales, ou zones humides

Au loin le village de Parinacota, domine par les 6342 m du volcan. Les paysages du Nord-altiplano sont radicalement differents de ceux du sud, plus sec, plus rocailleux et plus mineraux.

On ne peut resister a l´envie d´approcher les nombreux alpagas domestiques, qui rivalisent de creativite en matiere de pret-a-porter!

Mathilde ressent les symptomes du "syndrome du mouton". En Nouvelle-Zelande elle revait de piquer un petit mouton dans un champ...heureusement pour lui, ce petit alpaga qui s´est laisse caresser ne repartira pas avec nous.

En fin d´apres-midi, l´epicerie qui fait aussi bar, est prise d´assaut par des hordes de gringos!!
Le soleil descend...en meme temps que la temperature.

Le soir les troupeaux regagnent seuls les enclos ou ils passeront la nuit. En attendant de trouver un job d´eleveur d´alpagas, Antoine se met a rever d´une vie bucolique.

Le lendemain matin, temps clair et ensoleille. Conditions ideales pour attaquer les choses serieuses. Une petite rando de 13 km jusqu´au pied du lac Cotacotani.

Le sentier demarre au-dessus du hameau, puis suit une piste ou ne passent aucune voitures pour notre plus grand bonheur.

De petites viscaches, rongeurs mi-lapin mi-ecureuil, jouent a cache-cache dans les rochers.

Des ouettes des Andes

Au-dessus de 4000 m, dans les regions les plus seches de l´altiplano il ne pousse quasiment plus rien a l´exception des bofedales et de ces mousses resineuses de couleur vert pomme, les Llaretas. Dures comme de la pierre, les llaretas se developpent jusqu´a 5000 m et sont protegees au Chili.
La marche en altitude est assez physique et l´itineraire un peu hasardeux sur la fin, pas evident de se reperer dans ces dedales de lagunes.

Un petit compagnon bien curieux prend la pose, le temps de quelques photos. Quand elle ne bondit pas de rocher en rocher, la viscache nous observe avec curiosite.

Le soir, de retour au village apres plus de 6 heures de marche, nous sommes litteralement "morts" et affames. Au menu soupe de legumes et steak d´alpaga, avec l´inevitable mate de coca.

Au cours de notre periple nous aurons croise beaucoup de francais, dont certains grands voyageurs comme nous. En quittant Parinacota, nous croisons Gerard et Marie-Francoise qui ont quitte la Savoie en octobre dernier avec leur Landrover amenage, pour un voyage de 7 mois sur les routes sud-americaines.

De retour a putre, pour nous remettre de nos efforts physiques, rien de telle qu´une petite cure de thalasso...pas a Quiberon, mais aux sources chaudes naturelles situees au-dessus du village a 4000 m d'altitude. Le gardien nous applique de la boue sur le visage, en nous disant, un brin moqueur, que les vertues rajeunissantes sont garanties!...sympa le mec, on apprecie le traitement!!



A suivre (Perou - Arequipa)