Nous quittons El Calafate et les grands espaces de Patagonie pour remonter vers Bariloche, en plein coeur de la region des lacs argentins. Bariloche est en quelque sorte l´equivalent de Pucon au Chili, meme latitude et meme type de paysages...mais nous avons prefere Pucon, plus accessible, avec son ambiance jeune et tres sportive.


Bus de nuit, c´est parti pour 24 heures de route, heureusement les bus sont hyper confortables, les paysages splendides, nos baladeurs mp3 gonfles a blocs, le scrabble a portee de main, et nous avons meme eu droit au dernier Eastwood en DVD, tres beau film, dans la lignee des precedents...finalement pas trop le temps de s´ennuyer.
Petit scrabble au salon avant soiree DVD La ville de Bariloche est sympa, sans plus, et n´offre pas grand chose d´authentique et de typique en elle-meme. Situee au bord du Lac Nahuel Huapi, elle est tres prisee l´hiver des Argentins qui viennent y skier. Les hotels sont donc assez chers. L´ete c´est le point de depart de petites randos ou treks de plusieurs jours dans le magnifique Parc National Nahuel Huapi et la region des lacs.On passe au bureau du Parc National se renseigner sur les possibilites de trek de 3 jours et 2 nuits en autonomie. On nous propose deux circuits, un tranquilo et un plus difficile...on choisit le difficile (sans savoir ce qui nous attendra). Le temps de louer une tente et de faire quelques provisions et nous voila a nouveau sur les sentiers le lendemain matin.

Le trek commence dans les sous-bois, petite montee pour l´echauffement puis 3 heures de plats...franchement facile, le moral est bon. On prend notre temps en se disant que si c´est comme cela jusqu´au refuge, on y sera pour le tea time.




Nous continuons a pedaler gaiement sur du plat dans la vallee, qui se referme sur nous peu a peu, et ne laisse entrevoir aucune issue.



Plus nous avancons et plus les montagnes qui nous entourent se rapprochent...nous avons l´impression d´etre pris dans un etau.



...et oui c´est bien beau de courrir sur du plat, mais il y a un moment ou il faut bien prendre de l´altitude surtout quand le refuge se situe a 1650 m et que nous sommes au fond de la vallee a 800 m...on ne voit meme pas le chemin. Mathilde part en eclaireur, pendant qu´Antoine avec ses 16 kg sur le dos attend le feu vert.
La montee est raide de chez raide, la progression tres lente et les virages interminables...on en bave, mais on arrive assez vite au sommet. Mathilde fera l´ascension en bonne compagnie...jusqu´au refuge....le chemin vu du sommet
La belle et la bete
...Refuge en vue!...situe au bord de la Laguna Negra et de ses eaux turquoises, surplombee par le Cerro Negra.


On se declare au refuge aupres des gardes du parc...
...avant d´installer notre campement dans un endroit abrite du vent froid.

Campement installe en 5 minutes : nous sommes desormais des campeurs confirmes!
...Apres ces efforts que nous n´imaginions pas du tout en partant, on trouve un peu de chaleur dans le refuge, et pres du bar....allez Paulo...une Tourtel !


Dans les refuges l´acces a la cuisine et au gaz est payant, ce qui est plutot normal, sachant qu´il n´y a pas de droit d´entree au parc (contrairement en Nouvelle-Zelande ou les acces aux treks etaient plutot chers) et que les refuges necessitent un minimum d´entretien.
...cooking dans le froid
Lendemain matin, reveil dans le froid sous un beau soleil...le Cerro Negra resplendit au dessus de la laguna, il doit son nom a sa couleur noire granitique.

Confiants on se dit qu´apres la montee d´hier, ce sera du gateau jusqu´au prochain refuge. L´etape du jour est d´environ 8 heures...grosse journee donc en perspective. Le chemin fait le tour de la laguna, un peu escarpe, mais ca passe plutot bien. Au bout de 20 min on se retrouve a jouer les alpinistes sur de la roche glissante...
non mais qu´est ce que c´est que ce bin´s!





Le Cerro Negra


De l´autre cote du lac, on peine a trouver le chemin, c´est normal il n´y a plus de chemin et pour sortir de ce cul de sac, il faut tracer tout droit dans la moraine bien pentue...decidement ce trek nous reserve bien des surprises et se revele pas si facile que cela.

Le point a atteindre par le chemin de crete, c´est le sommet au dessus et a gauche du petit neve (champ de glace).

Une ascension physique dont le panorama, une fois en haut, efface bien vite le souvenir...les jambes sur ce genre de terrain cassant accusent malgre tout un peu le coup.




...apres seulement 2 heures de marche nous gagnons le premier col, sans savoir ce qui nous attend derriere, encore 6 heures de marche dans cette moraine instable et aiguisee comme des lames...les chaussures souffrent, nous aussi.
Depuis le col la vue est superbe, on se demande ou part le chemin, sur la ligne de crete a gauche, mais pour aller ou? en bas a droite au fond de la vallee et contourner l´enorme barriere rocheuse qui se dresse devant nous? impossible de le savoir sans descendre.
Mathilde repere un a un les points rouges a peine visibles qui sont senses baliser le chemin...nous descendons, le chemin suivrait donc la vallee a droite, sachant qu´il faudra remonter pour atteindre le refugio Lopez situe a 1700 m...perspective peu encourageante.
Une fois en bas, on cherche a nouveau les balises rouges dans les sapins, le chemin ne suit pas la vallee mais semble remonter tout droit au dessus de nos tetes. Une fois sortis des sapins, plus aucun doute, on se regarde tous les deux sans un mot...la voie passe par cette montagne qui semble infranchissable. D´en bas nous distinguons des silhouettes descendre ce mur gris vertical...ce qui confirme l´impensable. Mais ils sont fous ces argentins????!!!!!!
...un regard en arriere, c´est fou de se dire qu´on arrive de tout la haut.
...pas le temps de s´extasier et de se poser 36.000 questions, il faut y aller. Le chemin semble tres raide, pas de voie identifiable, des points rouges sur quelques pierres que nous entendons glisser sous les pas lents des randonneurs qui descendent peniblement.
...le mur
Mathilde ouvre la voie, son radar tete-chercheuse de marques rouges en marche. La pente est vraiment tres raide, le terrain glisse sous nos pieds a chaque pas, difficile avec le sac a dos de rester debout, nous progressons peniblement a 4 pattes dans la pente. Nous ne sommes pas tres sereins et la pente s´accentue au fil de l´ascension. On croise des randonneurs qui ont du mal a descendre...c´est vraiment limite.



...photo prise dos a la pente, en equilibre sur des blocs de moraine
...le terrain de jeu
Ouf! enfin le sommet, apres une heure d´ascension eprouvante. Notre arrivee est saluee par un magnifique condor. Tres beau point de vue sur le lac Nahuel Huapi. On en profite pour souffler et reprendre quelques forces avant la descente vers le refuge, qui s´annonce toute aussi perilleuse que l´ascension!






Allez Leo Di Caprio : " je suis le roi du monde!!!"
Un petit coup d´oeil sur la carte, a vol d´oiseau le refuge n´est plus tres loin...deja 6 heures de marche dans nos jambes surchauffees, la descente sera interminable et cassante.
C est pas le tout, maintenant il faut redescendre! 
Refuge en vue! nous arrivons litteralement morts sans preter attention a la vue. On monte la tente rapido, puis on se pose sur un rocher un peu plus haut...WOUAH! 
Des condors evoluent gracieusement au dessus du campement en jouant avec les courants ascendants...magique.
Quelle journee, on ne s´attendait absolument pas a de telles conditions...mais quand il s´agit d´allumer les fourneaux Math´retrouve le sourire!
Lendemain matin, 3 heures de decsente, toujours aussi "casse-gueule" a travers la foret avec de tres belles echappees sur les lacs du Parc Nahuel. 



...En attendant le bus a l´entree du Parc qui doit nous ramener a Bariloche.

...Bon maintenant que le trek est termine, on vous le dit sans detour, pour le moment c´etait la rando la plus technique et la plus penible physiquement. Ni au Nepal sur le tour des Annapurnas, ni dans les Alpes Neo-zelandaises, ni sur les pentes du Villarrica, nous n´avons eprouve de telles difficultes. Difficultes dues a la nature du terrain, au manque de balisage (nous faisant faire des detours sur un terrain merdique), et aux pentes vertigineuses!...Mais une fois encore les efforts sont recompenses par des points de vues et des paysages spectaculaires.